lunes, 21 de octubre de 2013

La Danse de Clara (Merci Claudie!)

« Toi qui nommes de mille noms, toi qui donnes du sens, toi qui transformes le monde…
Les pères et les pères de tes pères se perpétuent en toi.
Tu n'es pas un bolide qui tombe mais une brillante flèche qui vole vers les cieux.
Tu es le sens du monde et lorsque tu éclaircis ton sens, tu illumines la terre. »
Humaniser la terre, Silo.


Année 2069, quelque part sur la planète Terre.

Clara se prépare, comme chaque soir depuis plus de 30 ans, à sa petite promenade quotidienne. Bien qu'elle ait quatre-vingt seize ans, elle a une vitalité, une joie et une force admirables et enviables par bien plus d'une jeunette.

Notre histoire n'est pas destinée à raconter qui était Clara dans sa jeunesse, ni narrer sa vie, ni parler de ses enfants ou petits-enfants, mais relater l'expérience inhabituelle arrivée ce soir-là.

Comme je le disais, Clara sort chaque soir faire sa petite promenade et à la brune, elle s'assoie sur le banc de bois du Parc, celui depuis lequel elle peut jouir pleinement, et en toutes saisons, de la tombée du jour.

Elle s'assoie là et écrit dans son petit cahier aux feuilles lisses toute inspiration qui lui vient : parfois seulement un mot, parfois un dessin, d'autres fois de longs poèmes. Et elle dédie tout cela à Juan, son compagnon durant plus de quarante ans, mais qui n'est plus physiquement avec elle depuis quatre ans.

Mais Clara l'aimait, ah !, comme elle l'aimait !

Ils disaient toujours qu'ils se trouvaient sur le chemin de l'Amour et que celui-ci les avait traversés ; ils voyaient l'Amour comme une flèche qui unit le passé au futur pour revenir sur lui-même et exister toujours ; cette flèche les avait transpercés et c'est pour cela que leur amour serait éternel.

C'est comme cela qu'elle ressentait son amour : profond, sans commencement ni fin, et qui allait au-delà d'eux-mêmes car il ne leur appartenait pas.

Chaque soir, Clara et Juan sortaient pour faire une petite promenade et contempler le coucher du soleil. Chaque soir durant plus de trente ans.

Le soir où débute notre histoire était une soirée d'automne, de celles qui sont parfaites de par la température, les couleurs, les sons et les arômes. Le ciel présentait de petites touches de nuages éthérés ; dans les arbres, les feuilles commençaient à se couvrir d'or et les papillons et quelques abeilles voltigeaient au-dessus de l'herbe et sur le matelas de fleurs du jacaranda. Les enfants jouaient partout dans le Parc ; les chiens s'élançaient pour chercher les bâtons que leur envoyaient leurs maîtres et revenaient avec leur prise dans la gueule, tentant d'empêcher ensuite qu'ils le leur enlèvent, pour finir par lâcher et que le jeu recommence ; les couples de jeunes passionnés trouvaient là leur lieu idéal où s'isoler pour se laisser porter par leurs émotions comme si le reste du monde n'existait pas. Ici, tout semblait se dérouler en parfaite harmonie.

Ainsi Clara s'installa sur son banc préféré et resta là, contemplant la beauté de toutes les expressions de la vie qui, en ce lieu, battaient tel un cœur. Et elle le faisait accompagnée de Juan dans sa mémoire.

  • Quelle chance nous avons, Juan, de pouvoir profiter d'un paysage si parfait !, s'exclama-t-elle sans que lui importe ce que pouvaient penser les gens qui l’entouraient.

Les pigeons puis les moineaux commencèrent à s'approcher, comme toujours, en quête de miettes. Et elle, amusée, comme toujours, se mit à en parsemer autour d'elle.

Alors les pigeons et les moineaux s’approchèrent plus près du banc de bois pour picorer les miettes que Clara lançait ici et là.

  • Tu as vu Juan ? Ça leur plaît à eux aussi la tarte aux pommes et aux oranges !

Et elle rit, comme si personne ne la voyait.

Quelques pigeons grimpèrent sur son giron, d'autres osèrent manger directement dans sa main, des moineaux plus audacieux se posèrent même sur ses épaules pour s'alimenter des miettes que Clara avait gardées pour eux.

Petit à petit et sans cesser, de plus en plus de pigeons et de moineaux s'approchaient de Clara, mais aussi des calandres, des chardonnerets, des grives, quelques pies et les petites tourterelles si élégantes, tandis que Clara lançait dans l'air le mélange particulier de miettes sélectionnées, accompagnant son geste d'un grand rire frais.

  • Regarde Juan, comme ils dansent eux aussi !

C'est que Clara autrefois dansait avec grande beauté et que Juan s'était toujours délecté de sa danse.

Le temps s'écoula ainsi, entre rires, lancements de miettes et vols d'oiseaux ; et au moment où l'astre Soleil devint rouge-orange intense et teinta d'or et d'orange la totalité du paysage, au moment où les yeux de Clara, bien qu'un peu fermés par l'âge avancé mais toujours verts, se mirent à briller avec intensité, les oiseaux, mais aussi les papillons et les abeilles, commencèrent à voler de manière synchronisée, en spirale aurique, plaçant Clara en son centre ; et la spirale s'amplifiait successivement à chaque volute. Au sol, les enfants, les chiens et moi-même nous assîmes en cercle, entourant l'extraordinaire spectacle.

  • Ça, c'est beau Juan !, s'exclama Clara en riant encore plus qu'avant, alors qu'elle se dressait au centre de la spirale en même temps qu'un rayon de lumière reliait le Soleil à son cœur.

Nous tous qui étions là commençâmes à ressentir que nous étions amoureux. Sans raison aucune et sans nous l'être proposé, nous ressentions de l'amour pour tout, et, tout comme Clara, nous nous sommes mis à rire, à rire…

À cet instant, la place était remplie de personnes de tous âges et d'animaux en parfaite harmonie et félicité. Et chacun de nous commençait à percevoir ces personnes qui, bien que n'étant pas ici, dans notre temps, dans notre espace, sont en relation avec nous dans l'expérience de l'amour, de la paix et de la joie chaleureuse.

Un profond silence se fit ; le monde se mit à l'arrêt. Et nous sommes restés là.

Le soleil disparut alors ; Clara revint s’asseoir sur son banc de bois ; la spirale se dissipa ; les personnes quittèrent peu à peu ce lieu, renouvelées, heureuses, amoureuses.

Clara observa l'exode des personnes environnantes et des animaux ; elle observa les arbres et leurs ombres allongées à terre ; elle observa les fourmis dans l'herbe ; elle m'observa moi qui étais restée assise, contemplant et jouissant d'une telle beauté. Elle s'assit alors en posture parfaite et je l'entendis dire dans un profond murmure :

  • Allons Juan. Je remercie ton amour, ta présence, ta compagnie et ta camaraderie dans cet espace. Continuons avec le Plan.

Elle soupira et resta inerte.

  • Grand-mère ?..., dis-je.

Mais je compris qu'elle était partie.

Alors je m'assis à côté d'elle, la remerciai de son enseignement, et lui récitai le guide pour son passage indubitable vers la lumière et l'éternité.

À la fin du récit, en mon intérieur résonna sa voix qui affirmait :
« N'imagine pas que tu es seule dans ce temps, dans cet espace et dans les mondes infinis ».


Patricia Lacolla
Octobre 2013
Parcs d'Étude et de Réflexion Carcarañá
Traduction Claudie Baudoin

martes, 15 de octubre de 2013

TODO


La danza de Clara

"Nombrador de mil nombres, hacedor de sentido, transformador del mundo... 
tus padres y los padres de tus padres se continúan en ti. 
No eres un bólido que cae, sino una brillante saeta que vuela hacia los cielos. 
Eres el sentido del mundo y cuando aclaras tu sentido iluminas la tierra.”
Humanizar la tierra. El paisaje interno. Silo


Año 2069, en algún lugar del Planeta Tierra.

 Clara se prepara, como desde hace más de 30 años, para su caminata diaria de cada atardecer.
Aunque cuenta ya con noventa y seis años, tiene una vitalidad, alegría y fortaleza admirables y envidiables para más de una jovencita.

 Pero esta historia no está dedicada a relatar quien fue Clara en su juventud, ni a su vida, ni a sus hijos ni a sus nietos. Sólo los invito a centrarnos en la experiencia inusual sucedida aquella tarde.

 Como decía, Clara cada tarde sale a hacer su caminata y en el atardecer se sienta en el banco de madera del Parque, desde el cual puede apreciar bien el atardecer en todas las épocas del año.

 Allí se sienta y escribe en su pequeña libreta de hojas lisas toda inspiración que le surja. A veces solamente una palabra, otras un dibujo, otras extensos poemas. Y todo ello dedicado a Juan, su compañero por más de cuarenta años que desde hacía cuatro no estaba más físicamente con ella.

 Pero Clara lo amaba. ¡Ah! ¡Cuánto lo amaba…!

 Siempre decían que ellos se habían puesto en el camino del Amor y éste los atravesó, graficaban al Amor como una saeta que une el pasado con el futuro para volverse a encontrar consigo mismo y estar siempre; y que a ellos los traspasó y que por eso su amor sería eterno.

 Así sentía su amor, profundo, sin principio ni fin y que iba más allá de ellos por lo tanto no les pertenecía.

 Cada tarde, Clara y Juan salían a hacer una caminata y a contemplar la puesta del Sol. Así lo hicieron, durante más de 30 años.

 La tarde que da comienzo a nuestra historia era una tarde otoñal, de esas que son perfectas en temperatura, color, sonidos y aromas. El cielo tenía pequeñas pinceladas de nubes etéreas, en los árboles comenzaban a florecer las hojas doradas y las mariposas, y algunas abejas, revoloteaban por el césped y sobre el colchón de flores de jacarandá. Los niños jugaban por todos los espacios del Parque, los perros correteaban a buscar los palos que les arrojaban sus amos y cada uno al volver con la presa en el hocico intentaba impedir que su amo se lo quite hasta que por fin lo lograba y comenzaba nuevamente el juego, las parejas de jóvenes apasionados encontraban los lugares ideales en donde aislarse del mundo para dejarse llevar por sus emociones como si el resto no existiera, de modo que todo transcurría en perfecta armonía.

 Así Clara se acomodó en su banco preferido y allí permaneció, contemplando la belleza de todas las expresiones de la vida que latían en ese lugar. Y lo hacía acompañada por Juan en su memoria.

 -¡Qué afortunados somos, Juan, en poder disfrutar un paisaje tan perfecto…! (Exclamó sin importarle lo que pudieran pensar los vecinos)

 Las palomas y luego los gorriones comenzaron a acercarse, como siempre, en busca de migajas. Y ella divertida, como siempre, comenzó a espolvorearlas.

 Así las palomas y los gorriones comenzaron a amontonarse cerca del banco de madera para picotear las migas que Clara iba arrojando a un lado y al otro.

 -¿Viste Juan? ¡A ellos también les gusta la torta de manzana y naranja!

 Y rió, como si nadie la viera.

 Algunas palomas comenzaron a subirse a su regazo y otras comían de su mano, hasta los gorriones más asustadizos se posaron en sus hombros para alimentarse con las migas que Clara tenía reservadas para todos.

 De a poco y sin pausa se fueron acercando a Clara más palomas y más gorriones, pero también calandrias y jilgueros, también los tordos y algunos loros, y las estilizadas torcacitas al tiempo que Clara arrojaba al aire el blend especial de selección de migas acompañando el lanzamiento con su risa amplia y fresca.

 -¡Mirá Juan cómo ellos también danzan! (Es que Clara danzaba con belleza y Juan siempre se deleitaba con su danza)

 Así transcurrieron los momentos, entre risas, lanzamiento de migas y vuelo de pájaros; y en el instante en que el Astro Sol se torna de color anaranjado intenso y tiñe de dorado y naranja la totalidad del paisaje, y los ojos, aunque apagados por la edad avanzada, aún verdes de Clara destellaban con intensidad, las aves, pero también las mariposas y las abejas, comenzaron a volar sincronizadamente y en espiral áurea ubicando su centro en Clara para volver a ampliarse y así sucesivamente. Pero también en el suelo los niños, los perros y hasta yo misma nos sentamos en círculo rodeando el extraordinario espectáculo.

 -¡Esto es hermoso Juan!

 Exclamaba Clara, riendo aún más que antes, mientras se eleva en el centro de la espiral al tiempo que un haz de luz conectaba al Sol con su corazón.

 Los que estábamos ahí comenzamos a sentir que estábamos enamorados. Sin razón alguna y sin proponérnoslo sentíamos amor por todo y, al igual que Clara, comenzamos a reir.

 Para ese momento la plaza ya estaba colmada de personas de todas las edades y animales en perfecta armonía y felicidad. Y cada uno de nosotros comenzamos a percibir a aquellas personas que, aunque no se encuentran ya en este tiempo y en este espacio, se relacionan con nosotros en la experiencia del amor, la paz y la cálida alegría.

 Se hizo un silencio profundo y el mundo se puso en pausa. Así permanecimos.

 El sol de ocultó, Clara volvió a su banco de madera, la espiral se disipó, las personas comenzaron a marcharse del lugar renovadas, luminosas, felices, enamoradas.

 Clara observó el éxodo de los vecinos y los animales, observó los árboles y sus sombras extendidas, observó a las hormigas y al césped, me observó a mí, que continuaba sentada observando y disfrutando semejante belleza, se sentó en perfecta postura y la escuché decir en un susurro profundo:

 - Vamos Juan. Agradezco tu amor, tu presencia, tu compañía y camaradería en este espacio-tiempo. sigamos con el Plan.

 Suspiró y quedó inerte.

 -Abuela… dije.

 Pero entendí que había partido.

 Entonces me senté junto a ella, le agradecí su enseñanza y le relaté la guía para su tránsito indudable hacia la luz y la eternidad.

 Al finalizar el relato, en mi interior resonó su voz afirmando “No imagines que estás sola en este tiempo, en este espacio y en los infinitos mundos”

Patricia Lacolla
Octubre 2013
Parques de Estudio y Reflexión, Carcarañá